Jour d’hospitalité
Hier, nous sommes rentrés tard.
Ce n’était pas pour retarder le moment du contact de nos peaux mais peut-être pour mettre à distance celui du scalpel sur mon ventre.
Une délicieuse soirée programmée par « où veux-tu que je t’emmène pour la Saint-Valentin ? » J’ai répondu « la méditerranée,… place de l’Odéon. »
Nous avons ri des origines de cette fête païenne qui célébrait dans l’antiquité le dieu de la fécondité. Tu te voyais déjà courant nu dans les rues, fouettant les femmes se mettant sur ton chemin avec le désir de devenir fécondes. Tu t’imaginais tirer au sort l’une d’elles pour la soirée. Confiante, j’étais prête à m’en remettre au hasard, pour exorciser, peut-être, le fait d’avoir à renoncer à des organes de ma féminité.
Le jour s’est levé.
Mon sac est prêt dans l’entrée. Je sais que je serais bien accueillie.
Tu as dis « au fait, toi tu ne pourras peut-être pas, alors demande à Henri de m’appeler. » C’est vrai, peut-être, que le seul bouton que je pourrais presser sera celui de la pompe à morphine, que l’anesthésiste mettra gentiment à ma disposition.
« Dis, on retournera voir la mer ? », pour nous écrier, comme lorsque nous étions enfants, « oh ! la mer », avec la sensation que tout est « avenir ».
Infos de l’article
Publié le 15 février 2012 à 10 h 50
par Carol et classé dans Journal.
Articles similaires
Retourner voir la mer En février, je t’avais demandé : « dis, on retournera voir...
Cachette de campagne pour s’aimer au grand jour « La vraie maison de l’amour est toujours une...
Sans convention… « Le ciel n’est bleu que par convention, mais rouge en...
« Article précédent
Pour le p’tit lu de mon coeur
Article suivant
Empreinte »